Cinéma à domicile : 3 films à voir en janvier 2020
La vie des films n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Carrière en salles trop fugace ou sortie en direct to VOD : chaque mois, Artistik Rezo vous propose de rattraper à la maison 3 films disponibles sur vos écrans et que vous n’avez sans doute pas encore vus.
1) Dirty God, de Sacha Polak
Venu des Pays-Bas, le film de Sacha Polak est passé presque inaperçu à sa sortie en salles, et c’est extrêmement dommage : cette histoire de la lutte d’une femme défigurée à l’acide par son ancien compagnon est aussi nécessaire que culottée. Dirty God ne se contente pas de dérouler une mécanique mélodramatique inhérente aux souffrances de la victime : le film va plus loin, en s’interrogeant par exemple sur sa vie sexuelle, et en explorant à fond la somme d’humiliations qui se déploie dans le quotidien de l’héroïne, superbement jouée par Vicky Knight. Voilà un film que vous n’oublierez pas.
2) Good Boys, de Gene Stupnitsky (photo)
SuperGrave version pré-ados : c’est le résumé schématique mais pas trop que l’on peut faire à propos de ce Good Boys qui n’a hélas pas rencontré le succès escompté en France. Il faut dire que le nom de Jacob Tremblay, pourtant remarqué dans Room et Ma vie avec John F. Donovan (de Xavier Dolan), ne s’est pas encore gravé dans toutes les mémoires. Cette déambulation drolatique d’un trio de garçons de 12 ans obsédés par l’idée d’embrasser une fille réserve son lot de surprises et de scènes hilarantes : elle joue à merveille de cette période entre deux âges au cours de laquelle on est encore un enfant, tout en aspirant à connaître les choses du monde des adultes. Le résultat est tout à fait percutant.
3) Zombi Child, de Bertrand Bonello
Malgré son passage par la Quinzaine des Réalisateurs 2019, le dernier film de Bertrand Bonello a connu une carrière très confidentielle sans les salles françaises, comme ce fut le cas d’un certain nombre de ses films précédents. Cette mise en parallèle de la vie de jeunes filles scolarisées dans le prestigieux pensionnat parisien de la Légion d’Honneur et de l’existence brisée de Clairvius Narcisse, homme haïtien empoisonné jusqu’à devenir un zombie victime de l’esclavagisme, fait aussi intervenir le vaudou afin de relier les deux époques et les deux univers. Le tout est filmé avec grâce par un Bonello toujours aussi brillant lorsqu’il s’agit de faire se télescoper des mondes jusque là incompatibles.
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